Je reviens émerveillée d'une randonnée en Islande.

Je me suis sentie toute petite face à la naissance du monde, jamais je n'ai ressenti autant d'émotions devant tant de beauté. Je suis allée au fond de moi-même dans ces paysages de désolation, de sable noir, de coulées de lave, au sommet des volcans, balayée par le vent ou ces paysages colorés de rouge brique, de bleu, de soufre jaune, de pierres oranges, de mousses vert fluo, face à d'immenses cascades, dans des gorges remplies de végétation.

Les paysages sont bien plus variés qu'on ne peut le penser. La météo aussi.

Après une courte nuit en auberge de jeunesse à Reykjavík, j'ai affronté une journée de bus (ligne régulière) pour atteindre Mývatn (lac des Moucherons, qui porte très bien son nom, envahi de milliers de moucherons, mangés par des dizaines de canards qui envahissent le camping) au nord du pays, en traversant les plateaux des déserts intérieurs. En chemin, arrêt devant le geyser le plus connu (geyser de Strokkur, à Geysir, qui a donné le terme générique de geyser), puis nouvel arrêt à la chute de Gullfoss et dernier arrêt aux sources chaudes de Hveravellir.

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La région de Mývatn possède un écosystème unique sous ces latitudes, avec une végétation luxuriante aux portes du plus grand désert de sable et de lave, qui attire la plus grande concentration de canards sauvages d'Europe.

Après une matinée de repos pour récupérer d'une courte nuit et d'une trajet de plus de 11 heures de bus, partiellement sur des pistes, j'attaque ma première randonnée le long d'une succession de chutes d'eau (Dettifoss, de Hafragilsfoss).

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La randonnée suivante commence dans un dédale de formations de lave à Dimmuborgir, les citadelles noires, puis à gravir le cratère de scories de Hverfjall, du sommet duquel je peux admirer le lac et des dizaines de pseudo-cratères. La journée se termine par un bain dans les sources chaudes, dans une eau bleue et laiteuse, qui laisse une sensation grasse et une odeur d'oeuf (le soufre) sur la peau. Se balader en maillot de bain par 13°, dans le vent et sous une pluie fine n'est pas le meilleur souvenir mais il est vite compensé par l'entrée dans une eau à 38°, voire plus de 42 dans certaines zones. Les vestiaires communs montrent un rapport au corps très différent dans les pays nordiques par rapport à chez nous où chaque femme se serait regardée du coin de l'oeil afin de se comparer à sa voisine, se créant ou pire, créant des complexes chez les autres. Là, chacune assume sa nudité. Tout d'abord un peu gênée, j'ai fini par m'y sentir totalement à l'aise, sentant mon corps et mon esprit libres, voire libérés. Une certaine beauté se dégageait, même des corps usés par le temps, la maternité. Je me suis sentie spirituellement proche de cette mentalité plus saine que chez nous.

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Pour ma dernière randonnée dans la région, marche vers la caldeira du volcan Krafla, où la terre s'est craquelée en longues fissures éruptives. Découverte des marmites bouillonnantes de Leirhnjúkur.

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De nouveau, je reprends le bus pour rejoindre le sud-est. Je traverse les plateaux désertiques du nord-est, pas une seule habitation sur des centaines de kilomètres. Quelques arrêts dans les villages bordant les fjords pour se dégourdir les jambes.

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Le lendemain, après une courte étape, balade au milieu de petits icebergs provenant de la calotte du Vatnajökull qui descend du glacier Breidarmerkurjökull et qui dérivent vers l'océan. Ces formes variées au bleu turquoise éclatant par endroits, ces craquements, ces blocs de glace qui s'effondrent, se retournent dans un bruit impressionnant, forment un spectacle sublime.

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Arrivée dans le parc national de Skaftafell, première randonnée au milieu de bosquets de bouleaux arctiques. Enfin un peu de chaleur.

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Le lendemain, j'attaque une rando jusqu'à la cascade de Svartifoss, je monte plus haut pour avoir des points de vue sur les glaciers, avec pour point culminant le Hvannadalshnúkur. Après être montée sur les pointes de Kristinartindar, redescente en dominant le glacier de Skaftafellsjökull.

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Départ pour le Landmannalaugar. Le périple se poursuit par des pistes cabossées, des traversées de gués. Pour faire une pause au cours de ce long trajet, balade dans la faille jusqu'aux chutes de Ófærufoss.

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Enfin arrivée à Landmannalaugar, ascension des pentes du Bláhnúkur.

La randonnée du lendemain reste pour moi l'apothéose de ce voyage, avec une succession de paysages et de formations d'une variété époustouflante. Après avoir traversé une immense coulée de lave, j'arrive dans une vaste zone lacustre verdoyante, où paissent des moutons au milieu d'une multitude de linaigrettes (petite fleur blanche plumeteuse). Puis vient l'ascension du cratère explosif de Ljótipollur, avec vue sur les teintes multicolores du Landmannalaugar, le rouge rouille, le bleu fluor, le jaune soufre, puis des langues de neige, suivies de sable noir, de fumerolles qui crachent dans un vacarme assourdissant des jets de vapeur aux odeurs de soufre, puis des ruisseaux qui coulent sur des pierres oranges, bordées de mousse quasi vert fluo.

 

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Le lendemain, randonnée dans la gorge de Jökulgil, asension du Skalli pour découvrir tout autour de moi des vallées glaciaires bordées de montagnes multicolores, enneigées.

Une dernière randonnée sur les crêtes afin de revoir tous les sommets que j'ai gravis avant de reprendre le bus pour Reykjavík.

Dernier jour passé dans la capitale, aux airs de ville provinciale. Comme une journée peut suffire, j'ai décidé de prendre le bateau pour tenter d'apercevoir des baleines. Pas convaincant du tout. Beaucoup de temps en mer pour pas grand chose. Et impossible de photographier le petit rorqual qui se décide enfin à montrer le bout de sa nageoire dorsale ni les macareux qui passent à toute vitesse.

L'après-midi, montée en haut de l'église Hallgrimskirkja en haut d'une colline, surplombant la ville. Panorama à 360° qui permet de cerner les différents quartiers, le port.

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J'ai adoré traverser un petit quartier aux maisons sympathiques, de tôle ondulée colorée, avec éventuellement un petit jardin, qui respiraient la quiétude.

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Les 2 seules rues commerçantes (Laugavegur et Skólavörðustígur) se font en quelques minutes. Une seule est réellement charmante avec ses boutiques de produits artisanaux (Skólavörðustígur). S'il y a un achat à faire, c'est le pull islandais pur laine, qui gratte un peu mais qu'on peut porter chez nous sans tomber dans le folklore comme lorsqu'on rapporte une tunique indienne.

Finir par une soirée en prenant une bière dans un café de la rue principale.

Voilà. Je ne peux que conseiller aux amoureux de nature de faire ce voyage, en privilégiant le camping, bien équipé pour la pluie (les vêtements mouillés mettront des heures à sécher) et le froid (les nuits sont froides dans le Landmannalaugar même fin juillet-début août (à peine 5° le matin, avec du vent, le ressenti était proche de zéro). On rencontre alors des voyageurs, des aventuriers qui traversent le pays à vélo mais pas de touristes (sauf à Geysir et aux icebergs). Les campings sont bien équipés (sanitaires très propres (sauf là où il y a beaucoup de français...), les douches gratuites dans le nord car l'eau provient des sources d'eau chaude mais on sent l'oeuf après la douche, mais payantes dans les autres campings malgré l'eau des sources chaudes dans le Landmannalaugar ou lorsque l'eau est chauffée à l'électricité, chauffage dans les sanitaires à Landmannalaugar pour éventuellement faire sécher son linge). Les espaces pour planter la tente sont grands, les véhicules sont garés sur des parkings à l'écart, sauf bien-sûr pour les camping-car.

Et en même temps, on n'a pas envie de voir des hordes de touristes irresponsables et irrespectueux débarquer et massacrer la nature car il faut respecter les sentiers pour ne pas écraser la végétation qui peut pousser très lentement car la période propice est très courte.

1,2 millions de touristes pour un pays de 320000 habitants, c'est déjà énorme!